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Info-128Voilà un parallèle qui semble bien paradoxale. Surtout quand on sait que la « mort » du taylorisme industriel est apparut en conséquence de l’avènement du secteur tertiaire, drainé par le « boom informatique ». Et pourtant les conditions de travail en SSII semble bien proche de la division vu par Taylor ou du moins on y constate les mêmes effets pervers.

Rappelez vous, les remises en causes portaient en partie sur le caractère humain (référence à l’aliénation évoquait par Karl Marx), c’est concrètement le débat qu’il existe aujourd’hui dans les SSII. Nombre de témoignages (avec plus ou moins d’objectivité) d’employés de SSII délivrent sur internet le sentiment de n’être qu’un outil anonyme où les compétences sont sous évalués, c’est ce sentiment que Xébia illustre dans une BD humoristique.  Ainsi un malaise, subsiste chez les salariés de SSII, comme en témoigne le turn over qui selon un article publié dans le 01.net, s’élèverait entre 11% et 15% dans les SSII.

Il faut noter que le turn over est une marque importante du mal être en entreprise, même si aujourd’hui nous pouvons observer des démonstrations plus violentes à l’image malheureuse de France Telecom. Cette empressement à quitter la SSII répond soit à un besoin de stabilité, soit à la recherche d’une politique de ressources humaines plus proche des aspirations du salarié.

L’autre parallélisme demeure dans les menaces qui pèsent sur le secteur. Comme le monde industriel, les salariés sont soumis à la dure loi de la délocalisation et de la sous traitance c’est ce que souligne un article de Libération.fr

En effet, avec l’arrivée des SSII indiennes sur le marché, des pressions tarifaires viennent alourdir les négociations et réduisent les perspectives salariales des jeunes diplômés. Par ailleurs, le statut de sous traitant complexifie la culture d’entreprise. Le salarié en mission chez un client n’a pas le sentiment « d’appartenir » à la SSII par son éloignement. Et de fait, il n’est pas non plus un salarié du client, cet aspect de la sous traitance annule le caractère social du travail qui est l’un des facteurs de la motivation en entreprise. Selon une étude du CSA, 31% des salariés interrogés trouvent avant tout leur motivation dans les relations avec les autres salariés. Pourtant, ce facteur  ne devrait pas être négligé par la direction, car celui ci influe sur la productivité des salariés; une étude à observer que « les entreprises performantes peuvent compter sur l’engagement indéfectible de 90% de leurs salariés ». Il est vrai que de plus en plus de SSII, pratiquent le « Team Build », mais bon je doute que ces activités ponctuelles censées construire la culture d’entreprise soient bien efficace sur le long terme. Je pense que c’est dans la longévité et dans la manière de gérer les relations humaines au quotidien que l’on peut construire une atmosphère propice aux liens social en entreprise. L’éclatement de la masse salariale est bien évidemment un frein à une telle longévité.

Espérons que certaines SSII, auront pris conscience de la situation et prendront les mesures capables de réduire ce malaise. Si vous avez des idées à suggérer n’hésitez pas à nous en faire part et vous pourriez ainsi participer activement aux mutations possibles du secteur …

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